Il y a des choses qu’on ne peut pas vraiment voir tant qu’on n’a pas les mots pour les nommer.
Ce n’est pas un manque de lucidité. C’est que la violence – surtout celle qui ne laisse pas de traces visibles – sait très bien se rendre invisible, même pour celle qui la subit.
Ce bloc est une introduction, pas une liste de définitions. Juste quelques repères pour commencer à voir ce qui, jusqu’ici, restait flou ou normalisé.
Qu’est-ce que la violence ?
« l’utilisation intentionnelle de la force physique ou du pouvoir, sous forme de menace ou d’acte réel, contre soi-même, une autre personne ou un groupe, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou la mort. »-(OMS)
Introduction
La violence n’est pas seulement physique. Elle peut être silencieuse, ne laisser aucune marque visible, se produire dans une relation intime, une salle de classe, un cabinet médical, un tribunal ou une entreprise. Elle peut être exercée par des individus, mais aussi par des systèmes et des institutions.
La violence n’a pas besoin d’un coup pour exister.
Ce qui la définit, c’est le rapport de pouvoir, l’intention de nuire ou de contrôler — et l’impact réel sur la personne qui la subit.
1. Les grandes catégories de violence
L’OMS distingue trois grandes catégories, selon qui en est l’auteur :
Violence interpersonnelle : exercée par un individu ou un petit groupe contre une autre personne (violence conjugale, familiale, scolaire, entre pairs).
Violence collective : exercée par des groupes plus larges — État, organisation, institution — à des fins politiques, économiques ou sociales.
Violence auto‑infligée : dirigée contre soi‑même, incluant l’automutilation et le suicide.
Sur ce site, nous nous concentrons principalement sur la violence interpersonnelle et collective, dans ses différentes formes et contextes.
2. Le continuum de la violence
La violence ne surgit pas du néant. Elle s’inscrit dans un continuum : un glissement progressif qui commence souvent par des comportements qui, pris isolément, semblent anodins, mais qui forment ensemble un schéma de contrôle.
Un comportement irrespectueux isolé n’est pas, en soi, de la violence.
Sa répétition, sa systématisation et le rapport de pouvoir qu’il crée ou renforce — c’est là que la ligne se franchit.
3. Pourquoi la violence est difficile à reconnaître
4. La violence n’est pas un conflit
Une confusion fréquente et dangereuse consiste à traiter la violence comme un simple conflit entre deux parties égales.
Conflit : deux personnes avec des besoins différents cherchent une solution. Les deux peuvent s’exprimer, se défendre, partir. Le désaccord peut rester sans qu’une des deux en paie le prix.
Violence : il y a déséquilibre de pouvoir. L’une contrôle, menace, punit. L’autre marche sur des œufs, craint les répercussions et adapte constamment son comportement pour éviter l’escalade.
5. Ce que tu trouveras dans cette section
La section « Reconnaître » explore la violence dans les principaux contextes où elle peut se manifester. Chaque sous‑section est autonome : tu peux y accéder dans n’importe quel ordre, selon ce qui est le plus pertinent pour toi en ce moment.
Sections spécialisées sur la violence
Ce tableau visuel présente les principales sections du site et les réalités particulières qu’elles couvrent. Il est conçu pour s’intégrer facilement à une page web et rester lisible sur ordinateur, tablette et téléphone.
La violence conjugale et le cycle de la violence
La forme la plus documentée de violence interpersonnelle. Cette section traite des mécanismes, du cycle et des formes spécifiques selon différents profils.
La violence sociale
La violence exercée à travers les normes culturelles, les discriminations, l’exclusion et les dynamiques de groupe. Elle peut être diffuse, systémique et rarement nommée.
La violence en milieu de travail
Harcèlement, abus d’autorité, mobbing, et cas particulier des organisations dont la structure elle-même reproduit les dynamiques toxiques.
La violence médicale
Les comportements violents ou négligents dans les contextes de soins : déni de diagnostic, humiliation, non-consentement, violence obstétricale.
La violence familiale
La violence au sein de la cellule familiale, incluant les enfants exposés à la violence conjugale, la violence en milieu scolaire et la violence chez les jeunes.
Références
- Organisation mondiale de la santé (OMS) — Rapport mondial sur la violence et la santé (2002) — who.int — Définition et catégories de référence
- INSPQ — Violence conjugale : comprendre et reconnaître — inspq.qc.ca
- Gouvernement du Québec — Comprendre la violence conjugale — quebec.ca
- Stark, E. (2007) — Coercive Control: How Men Entrap Women in Personal Life — Oxford University Press — global.oup.com — Le continuum du contrôle coercitif
- Bancroft, L. (2002) — Why Does He Do That? — Berkley Books — lundybancroft.com
- SOS Violence conjugale — 1 800 363-9010 (24h/7j, gratuit, confidentiel, anonyme) — sosviolenceconjugale.ca