Question de Respect

11. Préparer son départ

Cette page te propose justement de faire le point, une chose à la fois. Tu y trouveras des pistes pour préparer un sac d’urgence, réfléchir à des scénarios de protection, rassembler certains documents importants et identifier les personnes ou ressources vers qui te tourner en cas de danger. L’objectif n’est pas de te faire peur ni de te dire quoi faire, mais de t’aider à garder, même dans un contexte de violence, un minimum de marge de manœuvre sur ta sécurité et celle de tes enfants.

Se préparer à quitter en sécurité

Avant de préparer ton départ

Préparer son départ d’une situation de violence est une démarche délicate. Tu n’as pas à tout changer en une seule fois : chaque petit pas compte dans la construction de ta sécurité.

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Un pas à la fois

Chaque étape que tu franchis t’approche d’une vie plus sûre, même si elle te paraît petite ou invisible aux yeux des autres. Tu n’as pas à tout faire en même temps.

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Tu n’es pas seule

Des ressources existent pour réfléchir, planifier et agir avec toi, sans te presser ni te juger. Te faire accompagner peut rendre chaque décision un peu moins lourde.

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Un plan qui peut bouger

Tu peux ajuster ton plan de sécurité, l’interrompre, le reprendre plus tard. Ce n’est pas un examen à réussir, mais un filet que tu tisses autour de toi et, s’il y a lieu, de tes enfants.

1. Avant de partir

Se préparer à partir, c’est d’abord penser à ta sécurité immédiate, puis à la façon dont tu quitteras les lieux sans augmenter les risques. Tu peux avancer pas à pas.

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1.1 Planifier ta sécurité immédiate

Ce sont les gestes qui peuvent faire une différence en cas de danger soudain, même si tu n’es pas encore prête à partir.

  • Repérer au moins deux sorties possibles dans ton domicile (porte principale, balcon, fenêtre, escalier de secours).
  • Choisir un mot de code avec une personne de confiance pour signaler un danger sans alerter l’agresseur.
  • Préparer un sac d’urgence discret (voir la section « Sac d’urgence ») et le placer dans un endroit accessible pour toi, mais hors de sa vue, ou chez une personne de confiance ou au travail.
  • Mémoriser les numéros importants : SOS violence conjugale, 911, au moins un proche de confiance.
  • Choisir à l’avance un endroit où te rendre en cas de danger : maison d’hébergement, domicile d’un·e proche, hôtel, autre lieu sécuritaire.
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1.2 Préparer ta sortie discrètement

Ici, l’objectif est de réduire au maximum les risques au moment du départ et juste après.

  • Choisir le moment du départ lorsque l’agresseur est absent ou occupé, si c’est possible.
  • Éviter de lui annoncer ton départ à l’avance si cela augmente le risque de colère, de représailles ou de contrôle.
  • Informer discrètement une seule personne de confiance de ton plan au début, et préciser comment elle peut t’aider concrètement.
  • Si possible, partir avec tes effets essentiels et ceux des enfants en une seule fois pour limiter les retours au domicile.
  • Prévoir à l’avance ce que tu répondras si l’agresseur te contacte après le départ (ou décider de ne pas répondre) avec l’aide d’une ressource spécialisée, plutôt que d’improviser dans l’urgence.

2. Sécuriser ta situation financière

Partir d’une relation violente, c’est aussi reprendre du pouvoir sur ton argent. Tu peux commencer à te protéger financièrement même si tu n’es pas encore prête à quitter le domicile.

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2.1 Ouvrir un compte bancaire personnel

Avoir un compte à ton nom seulement est une base pour reprendre de l’autonomie, même si tu ne peux y mettre que de petites sommes au début.

  • Ouvrir un compte bancaire à ton seul nom, idéalement dans une banque différente de celle que vous utilisez ensemble.
  • Si tu crains d’être vu·e, privilégier une banque en ligne ou un rendez-vous discret.
  • Faire déposer directement ton salaire et, si c’est possible et sécuritaire, tes prestations (aide sociale, allocations familiales, etc.) dans ce compte.
  • Mettre de côté de petites sommes régulièrement pour constituer un coussin financier, même modeste.
  • Choisir les relevés numériques envoyés à une adresse courriel privée plutôt que des relevés papier au domicile.
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2.2 Rassembler des ressources financières

Préparer les documents et repérer les aides possibles t’évitera d’avoir à tout refaire dans l’urgence après le départ.

  • Récupérer ou photocopier les documents financiers importants : déclarations de revenus, relevés de compte, relevés de REER/CELI et autres placements, actes de propriété, contrats de prêt, baux.
  • Noter les numéros des comptes bancaires conjoints et des principaux actifs communs.
  • Te renseigner sur les ressources d’aide financière et de soutien d’urgence dans ta région (aide alimentaire, soutien matériel, programmes d’aide financière d’urgence, ressources offertes par certaines maisons d’hébergement).

3. Préparer un sac d’urgence

  • Le sac d’urgence contient ce dont tu as besoin pour quitter rapidement et te débrouiller les premiers jours.

  • Il doit être facilement accessible et discret. Si tu ne peux pas le garder chez toi, laisse‑le chez une personne de confiance ou dans ton vestiaire au travail, si c’est sécuritaire.

  • Tu peux t’aider de la liste détaillée à télécharger (section “Sac d’urgence” de ce site), qui présente les essentiels pour toi et pour les enfants.

Voici la liste que tu peux télécharger: Sac_urgence_QDR

📋 Sac d’urgence en contexte de violence conjugale

Préparer un sac d’urgence ne t’oblige pas à partir, mais te donne la possibilité de le faire rapidement si la situation devient dangereuse.

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Documents d’identité
  • Carte d’assurance maladie (RAMQ).
  • Passeport.
  • Certificat de naissance.
  • Carte d’assurance sociale (NAS).
  • Permis de conduire.
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Réseaux, sécurité et soutien
  • Liste imprimée de contacts de confiance (amis, famille, intervenant·es).
  • Coordonnées de ressources juridiques (avocat·e, Juripop, cliniques juridiques).
  • Numéros de ressources d’urgence (SOS violence conjugale, maisons d’hébergement, lignes de crise).
  • Adresse d’un lieu sécuritaire où tu peux te rendre, si tu en as un.
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Médicaments et santé
  • Médicaments essentiels avec les étiquettes de prescription.
  • Médicaments en vente libre importants (analgésiques, inhalateurs, etc.).
  • Lunettes, verres de contact, solution, prothèses, dispositifs médicaux.
  • Liste de tes médicaments et allergies.
📱
Technologie
  • Chargeur de téléphone.
  • Clé USB ou autre support avec copies de documents importants.
  • Téléphone prépayé, si possible, pour pouvoir appeler sans être suivi·e.
  • Accès à un courriel de secours et à tes mots de passe (mémorisés ou notés de façon sécuritaire).
🧸
Enfants et documents familiaux
  • Cartes RAMQ, certificats de naissance et passeports des enfants, si disponibles.
  • Carnets de vaccination des enfants.
  • Jugements de garde, ententes parentales ou autres documents utiles concernant les enfants.
  • Documents liés à la DPJ ou à des signalements, si c’est ton cas.
  • Médication des enfants, avec les ordonnances ou informations nécessaires.
  • Quelques vêtements, sous-vêtements et pyjamas pour chaque enfant.
  • Couches, lingettes, biberons ou autres essentiels, selon l’âge.
  • Toutou, doudou ou objet réconfortant important.
  • Si nécessaire, siège d’auto, coquille ou autre équipement essentiel au transport.
📑
Argent et papiers importants
  • Cartes bancaires personnelles (débit, crédit) et petite réserve d’argent liquide.
  • Numéros de comptes bancaires (personnels et conjoints) et quelques relevés récents, si possible.
  • Contrat de mariage ou d’union civile.
  • Ordonnances de protection, conditions, jugements reliés à la violence.
  • Bail de logement ou actes de propriété.
  • Documents de pension alimentaire, séparation ou divorce (si déjà entamés).
  • Cartes d’assurance utiles (auto, habitation, vie).
🧴
Vêtements et hygiène
  • Quelques ensembles de vêtements pour toi.
  • Articles d’hygiène essentiels : brosse à dents, dentifrice, savon, déodorant.
  • Protections menstruelles ou culottes menstruelles, au besoin.
🎒
Si possible
  • Photos de famille importantes (ou copies numériques sauvegardées).
  • Petits objets sentimentaux (bijoux significatifs, etc.).
  • Double de clés (maison, voiture, boîte postale), si c’est sécuritaire de les emporter.

4. Rassembler documents et preuves

Garder des traces ne sert pas qu’aux tribunaux. Ça peut aussi t’aider à te rappeler ce qui s’est passé, à te protéger contre le déni et à appuyer tes démarches plus tard.

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4.1 Preuves numériques

L’idée n’est pas de tout garder, mais de conserver ce qui montre le mieux les comportements sur la durée.

  • Conserver les messages et conversations : faire des captures d’écran complètes incluant le nom ou le numéro, la date et l’heure; éviter, si possible, de n’isoler qu’un seul message hors contexte.
  • Garder un journal des interactions : journaux d’appels, messages vocaux, courriels, messages et commentaires sur les réseaux sociaux; pour chaque élément, noter la date, l’heure et le contexte.
  • Faire des sauvegardes sécurisées : clé USB déposée chez une personne de confiance, compte courriel distinct, service infonuagique sécurisé.
  • En cas de cyberviolence ou de surveillance : si tu soupçonnes des logiciels espions ou un accès non autorisé, éviter les changements brusques de mots de passe sans plan et consulter une ressource d’autodéfense technologique avant de modifier tes appareils ou comptes.
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4.2 Autres types de preuves

Beaucoup de traces existent déjà autour de toi : l’enjeu est de les rassembler avant qu’elles ne disparaissent.

  • Journal personnel : notes datées des événements, de ce que tu as ressenti; description des gestes, paroles, menaces; mention des témoins présents, s’il y en a.
  • Documents médicaux : certificats, rapports, bilans de santé en lien avec les impacts de la violence (physiques ou psychologiques).
  • Documents scolaires ou professionnels : absences répétées, observations écrites, changements de comportement signalés, en particulier pour les enfants.
  • Correspondance avec les ressources : échanges avec centres de femmes, SOS violence conjugale, CAVAC, travailleurs sociaux ou intervenant·es.
  • Photos datées : blessures, dommages matériels, désordre ou bris causés lors d’épisodes de violence.

5. Entamer les démarches légales

Les démarches juridiques peuvent faire peur, surtout quand tu es déjà épuisée. L’objectif n’est pas de tout connaître, mais de savoir quels outils existent et qui peut t’accompagner.

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5.1 Comprendre tes droits

Avant de signer ou de refuser quelque chose, il est utile de savoir de quels outils juridiques tu disposes.

  • Consulter un·e avocat·e ou une ressource juridique pour comprendre : ordonnances de protection possibles, garde des enfants et droits d’accès, pension alimentaire, partage du patrimoine familial, régime matrimonial ou vie maritale, abus de procédures.
  • Porter plainte auprès de la police si tu as subi des actes criminels (voies de fait, menaces, harcèlement, séquestration, agressions sexuelles, etc.).
  • Demander, si nécessaire, une ordonnance de protection (civile ou pénale) ou une ordonnance de non-communication pour éloigner l’agresseur ou limiter les contacts.
  • Clarifier ce que tu as le droit de faire ou non en matière de déplacements avec les enfants (quitter le domicile, changer de ville, voyager, etc.).
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5.2 Ressources juridiques accessibles

Tu n’as pas à tout porter seule devant le système judiciaire. Plusieurs ressources peuvent t’expliquer, traduire et t’accompagner.

  • Vérifier si tu peux bénéficier de l’aide juridique (admissibilité financière, couverture des démarches liées à la violence conjugale et familiale).
  • Contacter le CAVAC (Centre d’aide aux victimes d’actes criminels) pour obtenir de l’information sur tes droits, un accompagnement dans les démarches et un soutien tout au long du processus judiciaire.
  • Utiliser les cliniques juridiques universitaires, lorsqu’il y en a dans ta région, pour des consultations gratuites.
  • Passer par des ressources spécialisées (SOS violence conjugale, services d’information juridique, lignes dédiées aux victimes) pour être orientée vers les bonnes personnes.

6. S’entourer des bonnes personnes

L’isolement est une arme centrale de la violence conjugale. S’entourer ne veut pas dire tout raconter à tout le monde, mais choisir avec soin qui peut t’aider à rester en vie, en sécurité et crédible.

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6.1 S’appuyer sur les ressources spécialisées

Certaines ressources connaissent très bien les dynamiques de violence conjugale et peuvent t’aider à bâtir un plan réaliste.

  • Faire appel à des ressources spécialisées en violence conjugale (ligne d’écoute, maison d’hébergement, centre de femmes) pour construire un plan de sécurité qui couvre les aspects physiques, numériques, familiaux et juridiques.
  • Utiliser les outils de ce site (Violence‑O‑Mètre, informations sur le contrôle coercitif, etc.) pour mieux décrire ta situation aux intervenant·es et aux professionnel·les.
  • Demander de l’aide pour préparer tes démarches : plaintes, ordonnances de protection, démarches familiales, recherches de logement, soutien financier.
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6.2 Réseau de confiance et lieux de repli

Il ne s’agit pas de demander à tout le monde de « choisir un camp », mais de repérer quelques points d’appui solides.

  • Confier ton plan de départ à une seule personne de confiance dans un premier temps, puis élargir graduellement ton cercle de soutien si c’est sécuritaire.
  • Garder en tête que l’isolement fait partie des stratégies de l’agresseur : renouer doucement avec ton réseau (famille, amis, collègues, voisinage) quand c’est possible.
  • Identifier, si tu peux, un ou deux lieux de repli sécuritaires (logement temporaire, maison d’hébergement, domicile d’une personne de confiance).
  • Discuter avec ces personnes de ce qu’elles peuvent faire concrètement : hébergement temporaire, garder des documents, t’accompagner à des rendez-vous, garder contact après ton départ.

7. Sécuriser sa présence numérique

La technologie peut servir à te surveiller, te traquer ou te harceler. Avant de tout changer, il est important d’avancer avec méthode pour ne pas augmenter le risque.

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7.1 Protéger tes comptes et accès

L’objectif est de créer des espaces de communication et de démarches que l’agresseur ne contrôle pas.

  • Créer une adresse courriel confidentielle sur un appareil que l’agresseur n’utilise pas et l’utiliser pour tes démarches sensibles (juridiques, financières, plan de sécurité).
  • Changer les mots de passe de tes comptes personnels depuis un appareil que tu crois sécuritaire (bibliothèque, appareil d’une amie, ordinateur du travail non accessible à l’agresseur).
  • Activer la double authentification (2FA) sur tes comptes importants (courriels, réseaux sociaux, comptes financiers) quand c’est possible et sécuritaire.
  • Désactiver le partage de localisation sur ton téléphone et dans les applications (services de cartographie, iCloud, réseaux sociaux).
📱

7.2 Surveillances, appareils et objets connectés

Si l’agresseur a déjà accès à tes appareils, certains gestes brusques peuvent le mettre en alerte. D’où l’importance de te faire accompagner.

  • Vérifier si ton téléphone ou tes appareils contiennent des applications suspectes (logiciels espions, contrôle à distance). Si tu as un doute, demander de l’aide à une ressource spécialisée avant de les modifier.
  • Après le départ, penser à changer les mots de passe ou à réinitialiser les objets connectés (thermostat, caméras, sonnettes, routeur) auxquels l’agresseur pourrait avoir accès.
  • Éviter d’annoncer publiquement ton nouveau lieu de vie ou tes déplacements sur les réseaux sociaux.
  • Consulter un guide ou une ressource d’autodéfense technologique en contexte de violence conjugale pour avoir un pas‑à‑pas adapté à ta situation.

La violence conjugale est aussi une violence envers les enfants qui en sont témoins.

La loi québécoise reconnaît cela.

Protéger tes enfants fait partie intégrante de ta démarche, et tu n’es pas seule pour le faire.

👶 8. Quand des enfants sont présents

Protéger les enfants, c’est à la fois organiser concrètement leur sécurité et leur offrir un cadre le plus stable possible dans un moment qui ne l’est pas.

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8.1 Planifier le départ avec les enfants

On ne donne pas aux enfants la charge de te protéger, mais on peut les préparer à rester en sécurité avec toi.

  • Préparer les enfants discrètement, selon leur âge, sans dévoiler tout le plan s’il y a un risque qu’ils en parlent.
  • Choisir le moment du départ quand les enfants ne sont pas à l’école ou en garderie, ou prévoir de les récupérer discrètement.
  • Prévoir un mot-code ou une consigne simple si un départ rapide devient nécessaire.
  • Apprendre aux enfants, selon leur âge, à composer le 9‑1‑1 et à donner leur adresse en cas d’urgence.
🏫

8.2 Démarches avec l’école ou la garderie

L’école et la garderie peuvent devenir des alliées, à condition de savoir quoi leur dire et quoi leur remettre.

  • Informer l’école ou la garderie, après le départ, de ne pas remettre les enfants à l’autre parent sans autorisation.
  • Remettre à l’école ou à la garderie les documents utiles (ordonnance de protection, consignes écrites pertinentes).
  • Informer le milieu scolaire de la situation pour qu’un soutien adapté puisse être offert à l’enfant.
⚖️

8.3 Garde, sécurité juridique et déplacements

Ici, il est crucial d’avoir des informations juridiques claires pour éviter que l’agresseur utilise les enfants comme levier.

  • En l’absence de jugement, il est possible de quitter le domicile avec l’enfant sans l’autorisation de l’autre parent, mais il ne faut pas quitter le pays avec l’enfant sans cadre juridique approprié.
  • Contacter rapidement un·e avocat·e ou l’aide juridique pour demander une garde provisoire ou une ordonnance de sauvegarde.
  • Conserver tous les jugements, ententes ou documents existants concernant la garde et les droits d’accès.
  • Si tu crains un départ à l’étranger avec les enfants, demander rapidement un avis juridique; les règles sur les passeports et les déplacements dépendent notamment des ordonnances ou ententes existantes.
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8.4 Soutien émotionnel et stabilité

Les enfants n’ont pas besoin de tout savoir pour être rassurés. Ils ont surtout besoin de comprendre qu’ils ne sont pas responsables.

  • Expliquer aux enfants, selon leur âge, que la violence n’est pas de leur faute.
  • Rassurer les enfants sur ce qui vient ensuite et maintenir autant que possible les routines (repas, coucher, école).
  • Demander une référence vers un·e psychologue ou un·e travailleur·se social·e spécialisé·e par l’intermédiaire d’une maison d’hébergement, d’un CLSC ou d’un service spécialisé.
  • Garder en tête que les enfants exposés à la violence conjugale peuvent réagir par du stress, de la régression ou des comportements difficiles; ces réactions peuvent être prises en charge.
📞

8.5 Ressources pour les familles

Plusieurs ressources existent spécifiquement pour les enfants et les parents qui quittent une situation de violence.

  • Les maisons d’hébergement accueillent généralement les mères avec leurs enfants.
  • SOS violence conjugale peut aider à planifier un scénario de protection et à trouver une ressource adaptée.
  • Le CAVAC peut accompagner les enfants victimes ou témoins selon la situation.
  • Si tu crains pour la sécurité des enfants, tu peux contacter le DPJ de ta région; le service est accessible 24 h sur 24, 7 jours sur 7.
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8.6 Toi comme parent dans tout ça

Tu dois protéger tes enfants, mais tu restes aussi une personne qui traverse une crise majeure. Ta solidité ne se mesure pas à ta capacité de tout porter sans flancher.

  • Te rappeler que subir de la violence ne fait pas de toi un « mauvais parent ». La responsabilité principale reste sur l’agresseur.
  • Accepter que, pendant un temps, tout ne sera pas parfait : certaines routines vont sauter, certains devoirs ou activités seront manqués. Ce n’est pas ça qui brise un enfant, c’est la violence.
  • Identifier au moins une ressource où tu peux parler en tant que parent (centre de femmes, maison d’hébergement, ligne d’écoute, groupe de soutien) sans devoir être forte en permanence.
  • Te donner la permission de demander de l’aide concrète (repas, transport, gardiennage) à ton entourage, même si tu as l’habitude de tout gérer seule.

🛡️ Après le départ : les priorités

La séparation ne met pas toujours fin au danger. Certaines démarches peuvent aider à protéger ton lieu de vie, tes enfants et tes droits.

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Sécurité immédiate
  • Garder ta nouvelle adresse confidentielle, si possible.
  • Changer ta serrure ou habiter dans un lieu dont l’agresseur n’a pas les clés.
  • Informer l’école, la garderie, l’employeur ou les personnes concernées de la situation, au besoin.
  • Si tu te sens en danger, contacter la police ou SOS violence conjugale.
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Ordonnances et preuves
  • Garder sur toi une copie de toute ordonnance de protection.
  • Remettre une copie aux endroits stratégiques, comme l’école des enfants, le travail ou une personne de confiance.
  • Continuer à noter tout contact non désiré, harcèlement, menace ou tentative de contrôle après le départ.
🏛️
Démarches administratives
  • Informer les organismes essentiels de ton changement d’adresse.
  • Utiliser, si possible, les services qui permettent d’aviser plusieurs organismes en une seule démarche.
  • Vérifier séparément les institutions non couvertes, comme ta banque ou certains programmes fédéraux.
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Santé et soutien
  • Consulter un·e professionnel·le de la santé ou un service psychosocial si nécessaire.
  • Demander du soutien à une maison d’hébergement, à un CLSC, au CAVAC ou à un groupe d’entraide.
  • Garder en tête que la période post-séparation peut rester une période de risque élevé et que tu as droit à de l’aide.

Souviens-toi : Ces préparatifs n’enlèvent rien à la responsabilité de l’agresseur ni aux devoirs des institutions. Mais ils augmentent tes marges de manœuvre et la réception de ton histoire par le système. Tu as le droit d’être en sécurité.

Références et lectures complémentaires

Sécurité et planification du départ

Démarches légales et droits

Sécurité numérique

Enfants et garde

Ressources financières

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